Saturday, 11 May 2013

Conversations Surprises

Jacques sortit de son auberge, et alluma une cigarette. Il inspira la première bouchée dégoûtante de fumée qui frappe les poumons comme une bourrasque chimique ; la première bouchée est toujours douloureuse, mais cela double la bouche et la gorge, et les prépare pour la ruée délicieuse et calmante de nicotine.

La première bouffée de chimiques frappa Jacques avec une force—ce fut longtemps qu’il n’eut pas fumé—et les chimiques agitèrent les réponses nerveuses de sa jambe, la faisant trembler. La nuit parisienne fut d’une froideur glaciale, un brouillard gelant eut développé dans l’air ; la croix verte clignotante d’une pharmacie à l’autre côté de la rue ressembla à une étoile, sa lumière fracturée, rompue. Le bruit du craquement du givre sous les pieds fit plaisir aux oreilles, sans être assez glissant pour gêner les piétons. Les étoiles scintillèrent d’une haute clarté au ciel, sans un nuage pour gêner leur apparence ; la chaleur du jour eut été suintée du sol, et le scintillement des étoiles fut peu confort aux piétons qui marchait péniblement dans les rues gelées. Le trench noir à hauteur de genou de Jacques battit dans la brise froide, et il maudit ses gants : trop fins pour gêner la froideur, or trop épais pour tenir facilement une cigarette.

L’auberge se trouva dans la rue des Morillons dans le quinzième arrondissement de Paris, une plutôt longue rue au sud de Paris ; l’auberge, elle se trouva au bout de cette rue. En regardant à sa droite et à sa gauche, les petites voitures pratiques dans la rue givrée s’alignèrent sur les deux côtés de la rue afin de laisser circuler deux voies de trafic. Très peu de gens traversaient les rues à cette heure tarde, la plupart d’eux préférant de rester dans leurs studios confortables. En regardant aux immeubles qui l’entourèrent, la lueur bleue-blanche de télévisions vacilla sur les murs ; dans certains des appartements, cette lueur fut absent, remplacée par la silhouette dune personne assis dans un fauteuil avec un livre, et peut-être un verre de vin. Sa cigarette eut presque atteint le filtre. Il laissa tomber le mégot fumant sur le sol, permettant une flaque semi-gelée d’éteindre la flamme avec un petit sifflement satisfaisant.

Autour du coin de l’auberge, dans la rue de Cherbourg, Jacques entendit un groupe de personnes qui parlait entre eux. Les voix furent étouffées, donc il ne pouvait pas en être certain, mais il crut entendre les voix du groupe avec lequel il se fut fait des amis il y a quelques jours : deux filles et deux mecs de Nice qui restaient à Paris pour un mois pour une formation. Il fut sorti en boîte avec eux une ou deux fois. 

Il marcha autour du coin, l’esquisse d’un sourire sur sa figure (soit amical, affola son esprit, ils t’aimeront pas si tu seras pas amical !). Il s’arrêta brusquement, en regardant la rue de Cherbourg avec stupéfaction : la rue fut vide ! Ce fut au point d’être effrayant, car personne ne fut là ; il n’eut été convaincu qu’il eût entendu la voix soprano de Christa avant qu’il n’eût tourné au coin de la rue. Or, il n’y fut rien. Les réverbères luisirent et scintillèrent dans l’air gelé nocturne, et la rue ressembla à un remake modern d’un film noir. 

—C’est bizarre, pensa Jacques, je dois devenir un peu fou dans la grande ville. (Les deux derniers mots prononcés dans sa tête avec un accent fort de Kerry : un ami d’Irlande prononçait la phrase comme cela, et Jacques n’arriva pas à s’empêcher de la prononcer comme cela depuis ce temps.) Il glissa une autre cigarette du paquet, l’alluma, et inspira la première bouchée dégoûtante de fumée. La nicotine traversa ses alvéoles et fit effet en moins d’une minute. Il continua à se promener vers le sommet de la rue de Cherbourg ; les pieds s’engourdirent déjà, et il s’enveloppa plus nettement de son manteau afin de repousser la froideur glaciale. Bouffée après bouffée de fumée et nicotine et Dieu sait quels autres chimiques entrèrent son sang. Quand il atteignit le sommet de la rue de Cherbourg, il approcha le coin et fut sur le point de tourner dans la rue de Fizeau ; il s’arrêta devant le coin, et écouta à la conversation qu’il entendit à l’autre côté. Les voix furent identiques à celles qu’il eut entendu au coin de la rue de Cherbourg et rue des Morillons ; il fut—il dut l’être—le même groupe qu’auparavant. Mais comment se furent-ils déplacés du bout de la rue à son sommet, et autour du coin, sans que Jacques l’eût remarqué ? La conversation, Jacques en étaient presque sûr, fut conduite d’un ton plus heurté qu’auparavant : il eut l’impression qu’ils se servaient de plus de mots monosyllabiques et des plus courtes phrases, mais ils ne semblèrent pas intenses ou fâchés. Jacques entendit les voix de deux membres de plus du groupe—la voix rauque de Raphaël, qui avait commencé de fumer il y a six ans, suivi par le rire gutturale de Danielle ; il n’arriva pas à comprendre la blague, mais il crut entendre le mot « couteau ».

Jacques se déplaça autour du coin, en respirant une bouchée de fumée parmi des doigts qui tremblaient de froid. Le ça va simple fut posé au bord de sa bouche, prêt à être lancé de la falaise de ses lèvres dans l’air froid. Il se tourna dans la rue de Fizeau, et s’arrêta en surpris : une rue vide fut devant lui, avec deux rangs de voitures qui ressemblaient à des serpents sur chaque côté de la rue, et des mares de lumière froide jaune à des écartements réguliers. 

« Serieux ? » pensa-t-il. « Je dois être crevé, c’est pas possible que ça passe. » 

C’était bizarre : il entendait des voix, mais les rues étaient vides quand il tournerait autour du coin. Vraiment bizarre. Jacques sentit un souffle d’air chaud sur son menton, comme si quelqu’un eut respiré dans son col ; un parfum de CK Homme eau de Cologne dériva sur l’air. 

« Jean porte ça » pensa Jacques. Jean était le dernier membre du groupe, et il était désireusement attractif ; le sang de Jacques fut stimulé involontairement à la pensée de sa poitrine forte, les lunettes qui semblaient en désaccord avec le reste de son apparence, ses cheveux sable splendides. Il regarda autour de lui, attendit qu’il voie Jean derrière lui : rien. Un rire éthéré spectral résonna, comme si le rire eut eu lieu dans une autre dimension, et seulement la moitié eut coulé à celle-là. Il eut la chair de poule, et fit demi-tour. Il continua dans la rue Fizeau, et arriva au coin de la rue de Chambéry. Une fois qu’il eût atteint le bout de cette rue, il aurait marché un carré entier et serait de retour à l’auberge. Il se promena vers le coin, s’arrêtant seulement pour éteindre sa cigarette sous le pied avant de continuer.

En approchant le coin, des voix errèrent vers lui. Maintenant, elles semblèrent menaçantes, mais sans une raison apparente : tout simplement, le ton des voix fut agressif. Leurs voix furent bien plus heurtées qu’avant, et les phrases ne furent composées de que quelques mots. Jacques ne comprit pas beaucoup, mais il arriva à comprendre certain des mots. Les mots « couteau » et « sang » se poussèrent avec une fréquence étonnante, ainsi qu’un autre mot qu’il n’arrivait pas à comprendre, mais qui ressemblait à « hurt-her ». Le rire de Danielle sonna encore, coupant l’air froid comme un couteau ; il ressemblait au croassement d’un corbeau. En fait, les cheveux noirs de Danielle avaient, eux, la teinte verte-noire de l’aile d’un corbeau. La voix de Christa, des ongles contre un tableau noir, sonna une fois encore (seulement le mot « hurt-her »), suivi par la voix rauque et tâchée de nicotine de Raphaël qui ne grinçait que le mot « sang ».

Le cœur de Jacques sauta un peu, mais il sut qu’il se comportait comme une bête. Il eut passé les trois derniers jours sur les pieds, en flânant les boulevards de Paris à la recherche d’un emploi et, probablement, il souffrait tout simplement d’une hallucination causée par la fatigue. Il avait besoin de son lit. Il hésita avant de se déplacer vers le coin de la rue afin de marcher dans la rue de Chambéry et puis vers la rue des Morillons, mais il se gronda pour cette bêtise et pour avoir eu peur des ombres ; son esprit fut embrouillé par un manque de sommeil. Les rues, après tout, furent bien éclaircies, avec des mares de lumière gelée les illuminant tous les quinze mètres ou à peu près. Juste avant de se tourner autour du coin, il entendit un gémissement pitoyable, suivi par le bruit de chair frappée. Était-ce la voix de Jean qui avait gémi ? Le cœur de Jacques sauta quand il entendit que Jean les implorait de cesser. Le rire de Danielle sonna encore, coloré maintenant par un ton cruel ; le groupe se réjouissaient du mal qu’ils faisaient à Jean. 

Jacques se tourna autour du coin vers la rue de Chambéry pour les confronter. Un tintement de rire moquant fracassa l’air arctique, coupant les oreilles gelées de Jacques ; une allusion de CK Homme encore (suivi par l’arrêt habituel de son cœur), mais il n’y eut personne. Son cœur bondit, mais il savait que c’était ridicule ; il était privé de sommeil et avait besoin de, comme Lady Macbeth l’avait dit, « le baume des esprits mal ». Il continua vers la rue des Morillons, en essayant d’ignorer les bruits d’une voiture dans le fond, en refusant de faire demi-tour pour la regarder. Il sut qu’il se comportait d’une bête superstitieuse, mais il n’arriva pas à s’empêcher d’avoir le sentiment que quelqu’un le suivait. En marchant dans la rue, il rentra les mains dans la poche ; après quelques secondes, il sentit une main douce et chaude attrapa la sienne dans une poigne réconfortante. S’oubliant pour un instant, il laissa la personne à qui la main appartenait se blottir contre lui en marchant dans la rue.

Des souvenirs d’un spectacle à Broadway avec Patrick lors d’une soirée glaciale lui revinrent. Il se rappela d’avoir pris une pause avec Patrick sur une grille du métro, tous les deux soupirants tandis que l’air chaud qui puait du métro battaient dans leurs jeans et autour des entrejambes, les réchauffant pendant un instant avant qu’ils n’eussent continué de leur chemin. Ils eurent ri à l’absurdité de se réchauffer sur une grille de métro ; ils se furent embrassés en dehors du théâtre en attendant la fin de l’intérim du spectacle, se frottant les nez comme un bisou d’esquimau, souriant dans leur monde privé. Un sourire involontaire se dépêcha à travers son figure, suivi par la tristesse : Patrick ne répondait même pas à ses appels maintenant, et ignorait ses emails simples.

En regardant ses bras, Jacques sursauta en se rendant compte qu’il n’y eut personne à son côté. En plus, il sentit quelqu’un, quelque chose, lui serrant la main dans ses poches et se blottissant contre lui pour protection contre la froideur ; il saisit les mains de sa poche et haleta de panique. Il regarda les mains : toujours un peu rougies de la froideur mais, à part ça, elles furent normales. Il avait besoin de sommeil.

Il atteignit le bout de la rue de Chambéry, et se tourna dans la rue des Morillons et marcha dans l’auberge, heureux d’avoir terminé cette promenade infernale. En se sentant paresseux, il prit l’ascenseur au cinquième étage au lieu d’y monter à pied. En sortant, il vit avec surpris que Jean fut assis dehors sa chambre, la tête dans les mains et les épaules tremblant. Jean leva les yeux, et deux larmes coulaient sur son figure. En dépit de lui, Jacques n’arriva pas à s’empêcher de remarquer la perfection de son nez—uniforme, ni trop grand ni trop petit. 

Jean sourit faiblement. 

« Ils t’ont tapé » dit Jacques, une affirmation plutôt qu’une question, et s’assit à côté de Jean. 

Jean sourit encore, un sourire curieux qui en dit long sans dire un mot. 

« Tes cris résonnera dans les couloirs d’éternité et tu seras le mien pour toujours, jeune Jacques de Dublin ! Tu seras le mien pour toujours et tu hurleras et danseras lorsque lors flammes des entrailles les plus sombres de mon enfer consumeront ton âme immortelle encore et encore… » 

Un crescendo effrayant éclata dans sa tête, des flammes de feu et de douleur qui léchèrent son esprit, avant de reculer. En hochant la tête, son cœur sautait du choc, et il se demanda si les voix eurent même existé—en tout cas, l’excuse de privation de sommeil semblait, à ce point, un peu épuisée. Un sens flou de crainte s’étendit dans sa conscience tendue. 

Jacques tourna vers Jean, qui semblait ne trouver rien d’extraordinaire du silence, puis le hochement de la tête, de Jacques. Jean, avec un sourire complice, regardait Jacques avec curiosité. En se perdant dans les yeux de Jean, Jean remua la tête vers Jacques, la tête inclinée. Il se pencha vers Jacques et l’embrassa avec des lèvres douces. 

L’esprit de Jacques arrêta de tourner pendant un instant—qu’est-ce qui était venu de passer, exactement ? Le plus beau spécimen des hommes qu’il n’avait jamais vu, venait-il de l’embrasser ? Certainement, le bisou fut un peu trop dur : Jean appuyait les lèvres de Jacques contre les dents, mais, en fait, cela était bien plus érotique—l’humanité du fait que Jean ne savait pas bien embrasser était bien plus bandante que le Jean parfait à qui il avait masturbé. 

Il rentra le bisou avec passion, en bougeant la langue dans la bouche chaude de Jean. Les langues se touchèrent pendant un instant, s’appuyèrent l’une contre l’autre et explorèrent la forme, la texture, le goût ; il sentit sa paume qui s’appuyaient contre le sol afin de le soutenir. 

Jacques bougea la bouche, et sentit que Jean répondait de la même manière ; chaque bouche massait l’autre, et les zones érogènes palpitait. Il recula pendant un instant, et regarda Jean ; un sourire se dépêcha à travers la figure de Jean, révélant deux rangs de dents blanches ; les canines dirigèrent les yeux vers sa poitrine. Il aimerait bien arracher sa chemise étroite et … Comment se passaient-il si vite ? Mais il écrasa la pensée dès qu’il apparut dans son esprit : Jean était éblouissant, et Jacques serait maudit avant qu’il ne refusât du sexe chaud, passionné avec un mec comme Jean car il semblait trop beau d’être vrai. 

Attends, d’où apparut-elle, cette pensée-là ? Jacques n’était jamais comme ça ! Tout se passait trop vite, ses pensées semblaient marcher péniblement à travers un océan de boue. Des avertissements déclenchaient, pour le prévenir d’un événement terrible—mais l’allure de sirène de Jean empêcha le bon fonctionnement du cerveau de Jacques. Toujours en train de l’embrasser, Jean se leva et, en attrapant la poignée derrière lui, ouvrit la porte à la chambre de Jacques ; comment est-il arrivé à faire ça ? se demanda Jacques, il faut une clé pour y entrer, mais il balaya sa trépidation et poussa Jean dans la chambre. Les lumières furent éteintes et Jacques bougea Jean vers le lit. Il l’embrassait toujours, l’embrassait si dur, et Jean touchait son oreille avec sa langue et la mordillait, c’était l’oreille la plus chanceuse du monde et Jacques crut qu’il mourrait des sensations plaisantes qui traversaient son corps. En se mettant sur le lit, Jacques pausa et dit dans les ténèbres, sans savoir pourquoi : 

« Vous auriez dû avoir si peur. 

—Oui, répondit Jean, j’avais si peur. » 

En commençant à enlever la chemise de Jean, Jacques trouva qu’il ne pouvait plus bouger les mains : ce fut comme si elles furent couvertes de ciment. Il se rendit compte que Jean tenait ses mains immobiles comme un étau. Il gloussa, se demanda si Jean aimait des rapports brusques. Il tendit la tête pour l’embrasser encore, et Jacques claqua la tête contre l’oreiller avec autant de force qu’il vit des étoiles rouges et jaunes pendant un instant—comme les dessins animés. 

Quand il eut arrêté de voir des étoiles, il vit quatre pairs d’yeux qui luisaient dans les ténèbres. L’un après l’autre, leurs voix arrivèrent de la profondeur de l’Enfer et tonnèrent dans les oreilles de Jacques.

« Couteau, dit la première—la voix rauque de Raphaël, le portail de lEnfer claqua.

—Sang, dit la deuxième—la voix aiguë de fausset de Christa, un stylet de fer gratta contre un miroir, un cri perçant.

Hurt-her » dit la troisième—Jean, lallure dun incube.

Le rire de Danielle, le croassement dun corbeau, sonna dans les ténèbres.

Avec une titubation écœurante, Jacques comprit la signifiance du mot qui, jusqu’ici, eut ressemblé à
« hurt-her ».

Meurtre.

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